Uncategorized Archives - latitude77 /category/uncategorized/ Laboratoire de recherche - catalyse individuelle et collective pour une agilité durable Tue, 14 Apr 2020 08:52:45 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9 Applaudissons. /2020/04/14/applaudissons/ Tue, 14 Apr 2020 08:37:32 +0000 https://latitude77.org/?p=11029 Je ne suis pas à l'aise concernant les applaudissements à 20h. Non que les personnes en première ligne ne soient pas héroïques évidemment, mais elles n'ont pas fait le choix d'exercer ces professions comme des héros. Elles ont fait le choix de soigner. Si elles se trouvent contraintes à l'héroïsme, c'est parce que tant d'autres [...]

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Je ne suis pas à l’aise concernant les applaudissements à 20h.

Non que les personnes en première ligne ne soient pas héroïques évidemment, mais elles n’ont pas fait le choix d’exercer ces professions comme des héros. Elles ont fait le choix de soigner. Si elles se trouvent contraintes à l’héroïsme, c’est parce que tant d’autres n’ont cessé, pendant des années, de faire des pas en arrière quant à la nécessité d’organiser la préparation des équipements et la recherche de stratégies thérapeutiques efficaces alors que ce risque très précis était parfaitement connu et documenté (comme le sont bien d’autres):

The presence of a large reservoir of SARS-CoV-like viruses in horseshoe bats, together with the culture of eating exotic mammals in southern China, is a time bomb. The possibility of the reemergence of SARS and other novel viruses from animals or laboratories and therefore the need for preparedness should not be ignored.”

Autrement dit, leur héroïsme est consécutif à ce qui devrait surtout nous inciter à une humiliation collective, dont nous ne saisirons la portée que par les leçons que nous, collectivement, saurons, ou pas, en tirer. Non seulement en leur donnant les médailles bien méritées, mais en sachant que nous, collectivement, sommes précisément particulièrement indignes de les leur remettre.

En effet, concernant le virus, au risque de choquer: il n’est pas dangereux. Ou si peu. Son taux de létalité est actuellement estimé <1%. Par comparaison, certains sont largement à >50%. Autrement dit, cet épisode n’est qu’un coup de semonce qui doit impérativement nous alerter sur la vraie cause de la mortalité. Or, ce qui cause la mortalité, c’est la vitesse avec laquelle il se dissémine dans une population sans immunité. Ça, c’est une question politique et organisationnelle, à bout touchant avec l’impréparation technique et thérapeutique. Qu’un virus dont la létalité si modérée cause de tels problèmes souligne que le danger découle précisément de l’accumulation de choix et de pratiques, et plus globalement, d’une (in) culture politique, organisationnelle, sanitaire de chacun d’entre nous ou presque. Or, cette culture ne se suscite que sur le temps long, et aujourd’hui le temps manque. Ne soyons pas surpris d’en arriver là, c’est bel et bien la route que nous suivions. Par inadvertance pour beaucoup, sachant que cette inadvertance n’est pas un alibi, mais au contraire qu’elle accuse.

Je crois que les questions essentielles qui se poseront après la crise seront par conséquent premièrement politiques et organisationnelles, avec en premier lieu j’espère celles-ci:

  • quelle place pour ceux qui auraient dû voir et qui n’ont rien vu ?
  • quelle place pour ceux qui ont vu venir et qui n’ont pas été ni écoutés ni soutenus ?

Choisissons bien qui nous applaudirons.

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Identités /2019/01/19/identites/ Sat, 19 Jan 2019 09:31:18 +0000 https://latitude77.org/?p=8821 Pour les êtres sociaux que nous sommes, comportements et apparences sont langage. Ils le sont vis-à-vis de nous-mêmes ("tu peux te dire à toi même qui tu assumes vouloir être/devenir"), mais aussi vis-à-vis des autres. Lectrice, lecteur, si tu revendiques être ton propre langage, ce langage ne sera que de moins en moins compris par [...]

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Pour les êtres sociaux que nous sommes, comportements et apparences sont langage.

Ils le sont vis-à-vis de nous-mêmes (« tu peux te dire à toi même qui tu assumes vouloir être/devenir« ), mais aussi vis-à-vis des autres.

Lectrice, lecteur, si tu revendiques être ton propre langage, ce langage ne sera que de moins en moins compris par d’autres, faute de terminologie commune. Plus tu « te dis« , plus la langue que tu utilises est singulière, intime, mystérieuse, difficile à comprendre, et moins ses interlocuteurs sont nombreux. Se singulariser, c’est également s’isoler.

Je te souhaite cette affirmation de toi, si nécessaire et vitale. Je te souhaite simultanément d’arriver à la concilier avec un rapport aux autres qui n’exclut la compréhension de personne. Je te souhaite les deux, parce que c’est un chemin difficile, essentiel et nécessaire sur lequel tu t’engages.

Puisque se dire à soi-même qui on souhaite être est potentiellement antagoniste avec la reconnaissance par autrui de qui on est, seule la recherche d’équilibre dynamique entre les deux ouvre un chemin de paix. Un déséquilibre est tragique. Osciller de l’un à l’autre est encore pire.

Pour concilier cet antagonisme, il me semble que la seule affirmation de soi possible, c’est celle qui ouvre à autrui avec une détermination farouche. Cette ouverture n’a rien de naturel: elle se conquiert sur le territoire déjà occupé par le soi illégitime qu’est l’ego. Plus l’ego résiste et revient à la charge, plus la conquête est ardue. C’est pour cela que cette démarche n’est ni un « lâcher-prise » (auquel nous incitent simultanément notre paresse et un monde complexe), ni un « engagement combattant qui mobiliserait toutes nos forces ».

Il faut simultanément lâcher prise sur l’ego et combattre avec le reste.

Ce qui importe, c’est donc de discerner l’ego du reste. De distinguer les forces qui nous animent, leurs conséquences sur autrui, sur le monde et sur nous-mêmes. Ce qui importe, c’est de choisir en nous celles qu’on souhaite voir prévaloir, de ne pactiser avec aucune autre. De faire le nécessaire pour les inscrire de petite victoire en petite victoire. À travers ces dernières, contempler la beauté, renouveler la motivation. Se saisir de chaque conséquence comme d’une opportunité de remise en question. Questionner, ajuster. Faire preuve vis-à-vis de soi d’une bienveillance totale, simultanément ne rien se masquer, renouveler le discernement.

Arriver à s’aimer malgré, puis dans, puis grâce à une pleine lumière qui ne laisse rien  passer. Se savoir insuffisant. Ainsi, échapper à la suffisance. En rire avec le sérieux d’un enfant. Ne pas se satisfaire de ce rire, parce que nous ne sommes plus des enfants.

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Innovation, (neuro)diversité et inclusion : des liens compliqués ? /2017/11/29/innovation-neurodiversite-liens-compliques/ Wed, 29 Nov 2017 13:48:24 +0000 https://latitude77.org/?p=4311 Qui n’a jamais vu, ici ou ailleurs, tel ou tel article faisant un lien de cause à effet entre diversité et innovation ? Sans nommer, même, souvent, ce qu’est la diversité ? Parmi les diversités possibles, la diversité cognitivocomportementale est particulièrement critique. Elle confine en effet bien souvent à l’exclusion ceux qui ne sont pas [...]

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Qui n’a jamais vu, ici ou ailleurs, tel ou tel article faisant un lien de cause à effet entre diversité et innovation ? Sans nommer, même, souvent, ce qu’est la diversité ?

Parmi les diversités possibles, la diversité cognitivocomportementale est particulièrement critique. Elle confine en effet bien souvent à l’exclusion ceux qui ne sont pas alignés sur la norme des neurotypiques. Le cas des Aspergers est frappant, tout comme l’est celui des hauts potentiels/multipotentiels. Si les capacités d’adaptation des seconds leur permettent une adaptation ne serait-ce que partielle, ce n’est pas pour les premiers. Il est donc fréquent, avec les meilleures intentions du monde, de chercher à travailler à leur intégration.

Une voie simple et intuitive… mais limitée

Pour permettre à des neuroatypiques de s’intégrer, la première voie est celle de l’assimilation. Il s’agit de les amener à une conformité minimale compatible avec l’environnement neurotypique de l’entreprise, eventuellement en leur permettant d’identifier des stratégies comme autant d’outils qui leur correspondent.

L’effort d’adaptation spécifique demandé au neuroatypique entraine la mobilisation de ressources qui ne seront pas disponibles pour autre chose. Son identité et ses aptitudes spécifiques ne pourront par conséquent pas se déployer dans les meilleures conditions.

Une telle démarche prend acte de l’exclusion pour mieux la combattre. Située en aval de l’exclusion, elle est palliative et circonstanciée. Si elle peut améliorer considérablement la qualité de vie, ce n’est qu’à titre individuel pour ceux qui en ont bénéficié. C’est une démarche conjoncturelle.

Acter ainsi l’existence de la norme neurotypique, c’est aussi induire son renforcement : pourquoi les entreprises auraient-elles intérêt à faire un effort si le facilitateur d’intégration s’occupe de la mise en conformité des profils neuroatypiques ?

Par conséquent, quoique certainement utile au cas par cas, une telle démarche est ultimement contre-productive à grande échelle, c’est-à-dire sur le plan politique. Je crois qu’il ne serait pas responsable de mettre en place ces nécessaires solutions au cas par cas sans questionner également la logique sous-jacente qui amène à cette exclusion.

Une voie plus pertinente… et plus complexe

Plutôt que de chercher à remédier à l’exclusion, il est possible de s’attaquer à ses causes. Il s’agit cette fois d’attaquer de front l’idée même de norme neurotypique, idée qui engendre la non-conformité, et donc l’exclusion. L’objectif est que chacun soit reconnu dans la singularité spécifique de sa part d’humanité, de laquelle il ne peut être exclu par personne, et qui implique pour tous un devoir.

S’il n’y a plus de norme, il n’y a plus de neuroatypiques, qui n’ont donc plus de difficultés d’intégration. C’est une ambition qui n’a rien de candide ou d’utopiste. Au contraire: l’action culturelle, en profondeur, curative, structurelle, et ultimement productive qu’elle implique repose sur un effort et une exigence sans naïveté aucune. C’est pourquoi il est nécessaire de s’y attacher avec énergie et détermination.

Mise en action : la place des écoles de management

Cette action curative ne saurait trouver de lieu plus naturel où se déployer que dans les établissements responsables de la formation des managers de demain. Ces derniers sont idéalement placés pour sculpter les cultures d’entreprise à venir. Leurs étudiants, formés, y trouveraient un avantage compétitif pour se démarquer sur le marché du travail. Les entreprises qu’ils rejoindraient seraient progressivement familiarisées avec cet enjeu de la neurodiversité. Les neuroatypiques seraient plus facilement inclus tout en étant mieux respectés dans leur singularité. Le bénéfice serait évidemment pour tous, pour chacun car nous sommes tous le neuroatypique de quelqu’un d’autre.

Le liens avec l’innovation

Je n’ai pas trouvé d’étude sérieuse démontrant que la diversité seule est source d’innovation. Je suis d’autant plus preneur de référence à ce sujet. La diversité me semble reconfigurer le périmètre cognitivocomportemental collectif qu’il s’agit de s’approprier ensemble. À ce titre, elle est “nécessaire”, mais pas “suffisante”. En effet, s’opposant de prime abord à cet “ensemble”, la diversité est également source de tensions. Ce sont précisément ces tensions-là qu’il s’agit de déminer dans le processus d’acculturation des entreprises à la différence spécifique des neuroatypiques, et donc au sein de la formation des managers de demain.

Le véritable enjeu : le flow et sa mise en place

Qu’ensuite les processus internes fonctionnent mieux et s’améliorent en continu car chacun est proche de son état de flow cognitif est un des effets de bord positifs d’une remise en dignité de chacun dans sa singularité. C’est cette remise en dignité qu’il est nécessaire de chercher car elle conditionne la possibilité d’un flow cognitif individuel et collectif.

Viser le flow collectif, c’est s’assurer de le rater car les conditions de son existence ne sont pas travaillées spécifiquement. Viser une de ses causes nécessaires qu’est la remise en singularité, c’est se donner une vraie chance que le flow “tombe en marche”, par le respect du timing propre à chacun qui permet l’oscillation entre intériorité et collaboration nécessaire à l’innovation et la créativité. Il s’agit pour tous d’être maximalement attentif à chacun.

Cette formulation un peu rapide n’a rien de rhétorique : je crois l’enjeu sous-jacent central car il permet d’assoir la différence entre une approche palliative qui confine à l’assistanat et une approche curative qui permet de tendre vers la reconnaissance de la dignité, le respect, la confiance, la responsabilité, et l’excellence.

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