management Archives - latitude77 /category/management/ Laboratoire de recherche - catalyse individuelle et collective pour une agilité durable Wed, 20 Jul 2022 15:00:18 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9 Réunions: rôles et aléas /2022/07/20/reunions-roles-et-aleas/ Wed, 20 Jul 2022 07:33:53 +0000 https://latitude77.org/?p=13059 Court billet à propos des réunions durant lesquelles des rôles (lead, facilitateur, observateur, timekeeper, etc.) sont assignés aléatoirement, afin de favoriser leur déroulement. Les rôles Une réunion réussie suppose que chacun puisse mobiliser le langage pour extérioriser sa perspective propre, la réévaluer à l’aune de ce qui est écouté, et prendre le risque créatif d’une [...]

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Court billet à propos des réunions durant lesquelles des rôles (lead, facilitateur, observateur, timekeeper, etc.) sont assignés aléatoirement, afin de favoriser leur déroulement.

Les rôles

Une réunion réussie suppose que chacun puisse mobiliser le langage pour extérioriser sa perspective propre, la réévaluer à l’aune de ce qui est écouté, et prendre le risque créatif d’une synthèse des perspectives, afin de les rendre opérationnalisables (cf. les travaux d’Edgar Morin sur la complexité et la dialogique).

Par contraste, les rôles sont, littéralement, des postures sociales qui policent les comportements personnels. Ils sont un mouvement de régulation depuis l’extérieur (social) vers l’intérieur (intime). Ils forment donc un terrain propice au développement d’un social cooling, voire d’une forme d’autocensure, voire d’un faux-self.

Les rôles relèvent d’un formalisme symbolique qui altère, structurellement et à dessein, la liberté d’écoute et d’expression, sans favoriser ni la remise en question ni la prise de risque créatif.

Légitimité arbitraire, contestable et à risque d’une contestation létigime

L’assignation l’aléatoire des rôles repose sur l’hypothèse implicite que chacun peut tenir n’importe quel rôle. Il en résulte que la légitimité qui découle de ce processus est littéralement arbitraire, car fondée par le processus lui-même, alors qu’il est lui-même contestable (cf. paragraphe précédent). La légitimité issue des rôles est donc contestable.

De plus, les différences interindividuelles sont telles que certaines personnes sont bien souvent plus à l’aise dans un rôle que dans un autre, et que les différences de compétences des uns et des autres vis-à-vis d’un rôle précis peuvent être considérables. La légitimité des rôles est donc légitimement contestable:

  • Par la personne qui se retrouverait assignée à un rôle (et qui aurait cependant le “droit” de le refuser – ce droit, opposable, dévoilant l’implicite nature du rôle assigné, qui serait un “devoir”)
  • Par quiconque qui considérerait que la personne aléatoirement légitimée dans un rôle n’est pas compétente pour l’exercice de ce dernier, ou bien qu’une autre personne serait davantage compétente.

L’assignation aléatoire des rôles repose sur une hypothèse implicite fallacieuse, et expose ainsi structurellement le déroulé de la réunion à une contestation de la légitimité des différents participants, possiblement à juste titre, avec les risques:

  • De dérives en conflits interpersonnels antagonistes de la sécurité psychologique par ailleurs largement reconnue comme essentielle (réf)
  • De ne pas mettre les compétences en vis-à-vis des besoins réels (“skill congruence”, réf).

Le mythe de la réunion cadrée et réussie

L’un des objectifs de la mise en place des rôles est de faire en sorte qu’une réunion se déroule comme prévu. Ce qui suppose de la prévoir, c’est-à-dire que le sujet abordé soit non seulement clairement défini, mais également pertinent, et qu’elle soit préparée en amont par chacun. En cas de meeting mal préparé, ou dans lequel un imprévu se manifeste, ce souhait d’un déroulement prévisible et rassurant est tout à fait contre-productif.

Or, les réunions étant des processus sociaux, et chacun de nous étant par nature imprévisible et complémentaire, elles sont par nature imprévisibles. C’est d’ailleurs pour cela que les réunions sont nécessaires: pour synchroniser les imprévisibles et dépasser les antagonismes.

Les rôles, en cherchant à rendre prévisible ce qui ne peut pas et ne doit pas l’être, prennent le risque de vider les réunions de dissidences, qui ne cessent pas pour autant d’exister mais se transposent dans un espace de frustration personnel ou interpersonnel, plutôt que d’essayer de les réconcilier.

Un résultat qui interroge

Contrairement à ce que les paragraphes précédents peuvent laisser penser, des rôles assignés aléatoirement peuvent véritablement faciliter une réunion.

Cette contradiction peut s’expliquer par le fait qu’un choix de responsabilité aléatoire n’est pas pire, et parfois meilleur que le fonctionnement habituel des réunions. Dans ce cas-là, ce ne sont pas tant les rôles aléatoires qui fonctionnent, que les réunions habituelles qui dysfonctionnent.

Plus précisément: la participation constructive à une réunion suppose des compétences sociales élevées. Liste non exhaustive: expression, écoute, argumentation construite et bienveillante, primauté des avis sur les opinions, respect des agendas de chacun et, dans une certaine mesure, acceptation de l’imprévu.

Les rôles peuvent permettre d’établir artificiellement les responsabilités correspondantes. Le succès de l’artifice révèle, cependant, non pas la pertinence des rôles, mais au choix et dans le contexte de la réunion:

  • le manque de compétences sociales des participants, et/ou
  • l’incapacité à reconnaître ces compétences sociales chez les autres participants, et/ou
  • l’incapacité à articuler ses compétences sociales propres avec celles des autres afin de créer une compétence collective (“strategy”, ref)

Dit autrement: que notre aptitude à nous organiser ne soit pas drastiquement meilleure que des rôles choisis aléatoirement devrait nous interroger sur ladite aptitude que nous prétendons avoir, laquelle n’est pas meilleure qu’un placebo, bien davantage que sur le placebo lui-même.

Un solutionnisme en forme de pis aller toxique

Les rôles aléatoires, tout comme la démocratie athénienne familiarisait par nécessité chaque citoyen à la situation de gouverner, familiarisent chacun avec la nécessité d’écouter, d’impulser, de faciliter, de veiller au respect du temps de chacun, de donner des retours.

Et simultanément, ces rôles sont aussi potentiellement un alibi tout trouvé pour ne se focaliser au mieux que sur une seule de ces dimensions à la fois. De surcroît, ils nous masquent d’autres éléments plus essentiels (sécurité psychologique, approche pensée complexe et dialogique, congruences des compétences et des besoins, coordination collective, cf. références précédentes).

Conclusion

Il est d’autant plus tentant de se reposer sur ces rôles aléatoires qu’ils entretiennent l’espoir que les meetings seront désormais plus constructifs. A contrario, c’est plus exigeant et surtout désagréable de faire le constat d’une forme immaturité collective. En se manifestant durant les meetings, c’est pourtant elle qui en limite drastiquement l’intérêt au point qu’ils sont parfois vécus comme inutiles, voire contre-productifs. Or ce constat, si désagréable qu’il soit, est un diagnostic préalable nécessaire pour essayer d’y apporter une réponse qui ne saurait être autre pour être durable et réelle que celle d’une responsabilisation de chacun quant à une maturité individuelle. C’est bien à ce prix-là que les discussions deviendront constructives, l’intelligence collective ayant comme pire ennemie la bêtise individuelle.

Credit: Photo by Kyle Head on Unsplash

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Innovation, (neuro)diversité et inclusion : des liens compliqués ? /2017/11/29/innovation-neurodiversite-liens-compliques/ Wed, 29 Nov 2017 13:48:24 +0000 https://latitude77.org/?p=4311 Qui n’a jamais vu, ici ou ailleurs, tel ou tel article faisant un lien de cause à effet entre diversité et innovation ? Sans nommer, même, souvent, ce qu’est la diversité ? Parmi les diversités possibles, la diversité cognitivocomportementale est particulièrement critique. Elle confine en effet bien souvent à l’exclusion ceux qui ne sont pas [...]

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Qui n’a jamais vu, ici ou ailleurs, tel ou tel article faisant un lien de cause à effet entre diversité et innovation ? Sans nommer, même, souvent, ce qu’est la diversité ?

Parmi les diversités possibles, la diversité cognitivocomportementale est particulièrement critique. Elle confine en effet bien souvent à l’exclusion ceux qui ne sont pas alignés sur la norme des neurotypiques. Le cas des Aspergers est frappant, tout comme l’est celui des hauts potentiels/multipotentiels. Si les capacités d’adaptation des seconds leur permettent une adaptation ne serait-ce que partielle, ce n’est pas pour les premiers. Il est donc fréquent, avec les meilleures intentions du monde, de chercher à travailler à leur intégration.

Une voie simple et intuitive… mais limitée

Pour permettre à des neuroatypiques de s’intégrer, la première voie est celle de l’assimilation. Il s’agit de les amener à une conformité minimale compatible avec l’environnement neurotypique de l’entreprise, eventuellement en leur permettant d’identifier des stratégies comme autant d’outils qui leur correspondent.

L’effort d’adaptation spécifique demandé au neuroatypique entraine la mobilisation de ressources qui ne seront pas disponibles pour autre chose. Son identité et ses aptitudes spécifiques ne pourront par conséquent pas se déployer dans les meilleures conditions.

Une telle démarche prend acte de l’exclusion pour mieux la combattre. Située en aval de l’exclusion, elle est palliative et circonstanciée. Si elle peut améliorer considérablement la qualité de vie, ce n’est qu’à titre individuel pour ceux qui en ont bénéficié. C’est une démarche conjoncturelle.

Acter ainsi l’existence de la norme neurotypique, c’est aussi induire son renforcement : pourquoi les entreprises auraient-elles intérêt à faire un effort si le facilitateur d’intégration s’occupe de la mise en conformité des profils neuroatypiques ?

Par conséquent, quoique certainement utile au cas par cas, une telle démarche est ultimement contre-productive à grande échelle, c’est-à-dire sur le plan politique. Je crois qu’il ne serait pas responsable de mettre en place ces nécessaires solutions au cas par cas sans questionner également la logique sous-jacente qui amène à cette exclusion.

Une voie plus pertinente… et plus complexe

Plutôt que de chercher à remédier à l’exclusion, il est possible de s’attaquer à ses causes. Il s’agit cette fois d’attaquer de front l’idée même de norme neurotypique, idée qui engendre la non-conformité, et donc l’exclusion. L’objectif est que chacun soit reconnu dans la singularité spécifique de sa part d’humanité, de laquelle il ne peut être exclu par personne, et qui implique pour tous un devoir.

S’il n’y a plus de norme, il n’y a plus de neuroatypiques, qui n’ont donc plus de difficultés d’intégration. C’est une ambition qui n’a rien de candide ou d’utopiste. Au contraire: l’action culturelle, en profondeur, curative, structurelle, et ultimement productive qu’elle implique repose sur un effort et une exigence sans naïveté aucune. C’est pourquoi il est nécessaire de s’y attacher avec énergie et détermination.

Mise en action : la place des écoles de management

Cette action curative ne saurait trouver de lieu plus naturel où se déployer que dans les établissements responsables de la formation des managers de demain. Ces derniers sont idéalement placés pour sculpter les cultures d’entreprise à venir. Leurs étudiants, formés, y trouveraient un avantage compétitif pour se démarquer sur le marché du travail. Les entreprises qu’ils rejoindraient seraient progressivement familiarisées avec cet enjeu de la neurodiversité. Les neuroatypiques seraient plus facilement inclus tout en étant mieux respectés dans leur singularité. Le bénéfice serait évidemment pour tous, pour chacun car nous sommes tous le neuroatypique de quelqu’un d’autre.

Le liens avec l’innovation

Je n’ai pas trouvé d’étude sérieuse démontrant que la diversité seule est source d’innovation. Je suis d’autant plus preneur de référence à ce sujet. La diversité me semble reconfigurer le périmètre cognitivocomportemental collectif qu’il s’agit de s’approprier ensemble. À ce titre, elle est “nécessaire”, mais pas “suffisante”. En effet, s’opposant de prime abord à cet “ensemble”, la diversité est également source de tensions. Ce sont précisément ces tensions-là qu’il s’agit de déminer dans le processus d’acculturation des entreprises à la différence spécifique des neuroatypiques, et donc au sein de la formation des managers de demain.

Le véritable enjeu : le flow et sa mise en place

Qu’ensuite les processus internes fonctionnent mieux et s’améliorent en continu car chacun est proche de son état de flow cognitif est un des effets de bord positifs d’une remise en dignité de chacun dans sa singularité. C’est cette remise en dignité qu’il est nécessaire de chercher car elle conditionne la possibilité d’un flow cognitif individuel et collectif.

Viser le flow collectif, c’est s’assurer de le rater car les conditions de son existence ne sont pas travaillées spécifiquement. Viser une de ses causes nécessaires qu’est la remise en singularité, c’est se donner une vraie chance que le flow “tombe en marche”, par le respect du timing propre à chacun qui permet l’oscillation entre intériorité et collaboration nécessaire à l’innovation et la créativité. Il s’agit pour tous d’être maximalement attentif à chacun.

Cette formulation un peu rapide n’a rien de rhétorique : je crois l’enjeu sous-jacent central car il permet d’assoir la différence entre une approche palliative qui confine à l’assistanat et une approche curative qui permet de tendre vers la reconnaissance de la dignité, le respect, la confiance, la responsabilité, et l’excellence.

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Ce dont « nous » manque, et comment le retrouver. /2017/05/28/ce-dont-nous-manque-et-comment-le-retrouver/ Sun, 28 May 2017 08:09:20 +0000 https://latitude77.org/?p=2504 Faire groupe, c'est se rassembler autour d'un commun. Dans un monde de perspectives fragmentées, les synergies peinent à advenir. Notre rapport au réel est à réinventer, pour (re?)devenir "ensemble". Il s'agit de le saisir par un rapport dynamique de nos vérités subjectives entre elles et avec la réalité commune, qui dévoile comme territoire que nous [...]

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Faire groupe, c’est se rassembler autour d’un commun. Dans un monde de perspectives fragmentées, les synergies peinent à advenir. Notre rapport au réel est à réinventer, pour (re?)devenir « ensemble ». Il s’agit de le saisir par un rapport dynamique de nos vérités subjectives entre elles et avec la réalité commune, qui dévoile comme territoire que nous avons de facto en partage.

Publié initialement sous forme de commentaire ici.

S’il est tout à fait normal d’avoir des opinions différentes, en rester là me semble confiner à l’impuissance. En effet, se satisfaire de ces opinions, comme autant de postures différentes, pose la question de l’espace commun. Des postures incompatibles ne serait-ce qu’en partie ne sauraient s’incarner collectivement autrement, au choix, que dans le conflit (« j’ai LA vérité et pas toi ») ou dans le relativisme généralisé (« tu as la tienne, j’ai la mienne, et tout va bien: on fusionne, ou on ne se croise pas »). Par conséquent, ni le conflit ni le relativisme absolu ne me semblent viables. L’un et l’autre nous isolent alors que nous ne sommes et ne devenons nous-mêmes qu’avec l’Autre. Je crois donc important de se placer entre la revendication de détenir « LA vérité » et la tentation de céder au relativisme.

La thématique sous-jacente est celle de la construction de ce qu’on peut considérer vrai, c’est-à-dire une croyance, une partie de ce qui nous constitue en tant que groupe. Ce dépassement de la posture est indispensable à l’émergence du groupe: l’autre est toujours « à rejoindre », il n’est jamais proche d’entrée de jeu, sinon par illusion. De plus, le groupe est précisément nécessaire à toute action au-delà de nos individualités.

Plutôt que de rester coincés dans des postures rigides, je crois donc nécessaire de nous inscrire chacun dans mouvement, pour que des mouvements individuels et pluriels puisse émerger une réalité commune. Mais quel type de mouvement ?

Un mouvement qui découlerait d’un objectif premier de rejoindre l’autre, ou d’être rejoint, inclinerait au rapport transactionnel, de négociation, voire de force. Ce n’est pas une direction qui me semble souhaitable. C’est pourtant une des origines possibles de la raison .

L’alternative qui me semble la plus pertinente, c’est de proposer à chacun d’examiner avec une critique radicale en quoi nos perceptions sont validées/invalidées par ce réel qui nous est extérieur. Il s’agit de le considérer comme toujours trop confus et de le questionner pour travailler à son impossible clarification. Cette démarche est individuelle et intime. L’enjeu n’est ni l’autre ni le rapport à ce dernier, mais bel et bien un rapport critique à soi: le mouvement nécessaire est de tendre vers cet objet qui nous échappe et de ne pas se satisfaire de ce que nous en expérimentons. La conséquence de ce mouvement est un rapprochement de tous, indirectement médié par l’objet commun vers lequel chacun converge. Ce n’est pas sans lien avec la théorie du désir mimétique de René Girard. Il s’agit de questionner individuellement ce qu’est ce que nous avons en partage pour ensemble non pas le connaître dans sa nature, puisqu’elle nous échappe, mais pour le circonscrire autant que faire se peut. Que des divergences subsistent, c’est probablement qu’il s’agit de deux objets différents. Raison de plus pour les circonscrire.

Par conséquent, les opinions différentes et incompatibles deviennent dès lors une richesse: la convergence asymptotique vers ce même objet entraîne l’émergence d’un vocabulaire commun et d’une démarche cohérente sans être coercitive et sans que quiconque puisse se prévaloir d’être indispensable, quoique chacun puisse aider à des degrés différents. L’implication pour chacun, et particulièrement pour les dirigeants, est claire : leur perspective n’en est qu’une parmi d’autres, c’est pourquoi il est essentiel qu’ils soient aussi humbles qu’attentifs – voire qu’ils soient reconnus comme participants à l’aventure collective sur ces critères-là.

Pour illustrer, imagine, lectrice, lecteur, en 2 dimensions: chacun est un point noir placé sur une feuille de papier blanche. Chacun est à la fois « situé » et « voit son regard orienté » dans une direction précise, ce qui illustre la diversité de nos perspectives, conditionnées par nos points de vue. Quelque part sur la feuille se trouve un objet non circonscrit que chacun, par définition, voit à midi et devant sa porte. Par itération, il s’agit pour chacun de savoir si midi correspond plutôt à 11h59 ou 12h01, et si la porte ne serait pas plutôt la boite aux lettres, ou la clôture du jardin.

Je fais l’hypothèse que de tels mouvements individuels, itérativement répétés, sont un moyen de nous rassembler autour de cet objet afin de le caractériser par ce que nous en percevons et qui ne saurait s’avérer qu’être complémentaire. Nous ne pouvons pas le connaître, ni individuellement ni collectivement, par contre nous le circonscrivons d’autant mieux que nous sommes nombreux à l’entourer. Comme si la nature de l’objet, diffractée autour de lui et insaisissable, était intelligible fragment par fragment.

Je ne dis pas que c’est la seule façon de procéder, je dis seulement que je n’en vois pas d’autres. Je suis évidemment ouvert à toute suggestion. Dans cette démarche, l’opinion contraire n’est jamais réductible à de l’ignorance. Au contraire, elle est l’occasion de l’interrogation qui précède toute recherche.

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