synergie Archives - latitude77 /tag/synergie/ Laboratoire de recherche - catalyse individuelle et collective pour une agilité durable Fri, 06 Jul 2018 15:35:06 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9 Victime, sauveur, persécuteur : quelques éléments pour sortir du triangle de Karpman /2018/07/06/victime-sauveur-persecuteur-quelques-elements-pour-sortir-du-triangle-de-karpman/ Fri, 06 Jul 2018 15:30:54 +0000 https://latitude77.org/?p=6912 Voici quelques éléments que je vous partage suite à une question qui m’a été posée, consécutive à la lecture d’un article de Philosophie Magazine Juillet-Août, consacré au triangle de Karpman et intitulé : Triangle, quand tu nous tiens… (page 46). L’article, consacré à la dynamique victime, sauveur, persécuteur conclut par "la nécessité de changer de [...]

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Voici quelques éléments que je vous partage suite à une question qui m’a été posée, consécutive à la lecture d’un article de Philosophie Magazine Juillet-Août, consacré au triangle de Karpman et intitulé : Triangle, quand tu nous tiens… (page 46). L’article, consacré à la dynamique victime, sauveur, persécuteur conclut par « la nécessité de changer de mode de narration pour échapper à la guerre éternelle ». La question qui m’a été posée était : « Concrètement, on fait comment ce tricot -là ? »

Engagement

La prise de conscience d’une seule personne impliquée dans ce triangle ne suffit pas: ses efforts pour sortir de l’ornière risqueront d’être réduits à néant ou presque par les habitudes/réflexes de l’autre. Deux points me semblent donc importants. Premièrement, se mettre d’accord a priori sur un engagement mutuel à se sortir de cette ornière. Ensuite, convenir d’un mot clé pour désamorcer la dynamique lorsqu’elle se présente. Charge à qui s’emballe d’y rester réceptif, d’où l’importance de l’engagement préalable qu’il est impératif d’honorer sauf à rompre la confiance et à devoir ensuite la reconstruire. C’est un exercice très exigeant.

Recul : accueillir créativité, conviction, langage

Engagement pris, pour sortir de cette narration dominante et pathologique, la première étape me semble être de prendre du recul afin de s’affranchir le plus possible des réflexes conversationnels que l’on pourrait avoir. Il ne s’agit pas de faire monde à part en soi, mais de restaurer l’épaisseur qui permet, après avoir perçu, de “ralentir” le mouvement de façon à en discerner les failles et l’imposture. De là, s’inscrire à neuf dans le monde. C’est sans doute la plus grande difficulté, car elle suppose créativité (c’est-à-dire de faire advenir ce qui n’existe pas encore), conviction (que ce qui n’existe pas encore est pourtant solide et viable), et langage (pour faire narration avec soi et autrui afin que ce qui n’existe pas encore devienne tangible).

Virginité : une conquête

Une fois le triangle immobilisé : il est vulnérable, tout comme un vélo qui ne roule pas n’est pas stable. Je crois que c’est à ce moment-là que la créativité peut s’exprimer, sous forme d’une sorte de virginité. Le terme est fort, non pour heurter, mais pour souligner le caractère radical du changement nécessaire. Dans l’acception commune, la virginité est considérée comme étant un bien précieux qu’on risquerait de perdre presque par inadvertance au point qu’il convient de la protéger possiblement par tous les moyens, jusqu’à l’indifférence voire le rejet. Une telle conception de la virginité exclut autrui, et donc la possibilité de ce dernier de nous conférer l’identité exogène que nous attendons de lui. Elle repose sur l’hypothèse implicite que la virginité préexiste. Je crois possible de proposer l’inverse: il nous est impossible de nous affranchir d’une chaîne causale inscrite dans le temps. Par conséquent, chaque instant vécu est marqué par le précédent. La virginité de soi dans l’instant ne saurait donc que relever d’une conquête sur soi dans son rapport au temps : en percevoir les fragments comme ces instants à la fois premiers (comme se donnant pour la première fois, ce qui implique d’en prendre soin, car ils ont en eux le germe des suivants) et derniers (comme ne se donnant qu’une seule fois qu’il s’agit de saisir à fond, en lien avec le carpe diem). Une telle virginité accueille autrui à neuf dans le présent, et donne l’occasion d’une rencontre qui, loin d’altérer, libère des chaînes du triangle toxique.

Devenir attentifs ensemble puis, attentifs, devenir ensemble

Sortir de ce triangle me semble donc supposer de trouver (et pas de retrouver!) la virginité de l’instant. De là l’importance d’une pleine attention, d’une consécration au présent qui s’offre et qui nous porte au-delà de nos déterminismes évidents et mécaniques. Vivre cette attention lorsque le contexte est facile est assez simple. Ce qui est difficile, c’est précisément lorsque le contexte devient plus complexe et exigeant. Là, c’est avec une détermination totale dans une lutte contre ce qu’on imagine être soi qu’il devient possible de s’engager, pour ensuite se retrouver différent et libéré ne serait-ce que transitoirement d’une partie de soi, obstacle à l’autre et donc à soi, ancrée dans un déterminisme tragique et qui n’avait vraisemblablement rien à faire là. Finalement, figer le triangle, c’est se mettre en cheminement, d’itération en itération. Ensemble.

C’est peut-être là un élément essentiel des amours vertueuses – celles qui habitent les relations édifiantes.

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Se comprendre, se rejoindre /2018/06/21/se-comprendre-se-rejoindre/ Thu, 21 Jun 2018 13:18:21 +0000 https://latitude77.org/?p=6682 Le langage est à la fois une opportunité et un piège. Il est possible de dire à autrui ce qu’il pourrait comprendre (c’est le rôle informationnel du langage). Il est également possible - et nécessaire - de se dire, c’est-à-dire de s’apporter soi-même au monde dans une singularité irréductible et incompréhensible par quiconque. Le langage [...]

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Le langage est à la fois une opportunité et un piège. Il est possible de dire à autrui ce qu’il pourrait comprendre (c’est le rôle informationnel du langage). Il est également possible – et nécessaire – de se dire, c’est-à-dire de s’apporter soi-même au monde dans une singularité irréductible et incompréhensible par quiconque. Le langage ne se réduit pas aux mots. Les gestes sont langage. Les regards aussi. Pour simplifier, tous sont regroupés ci-dessous sous le terme générique de message.

(source)

Tout message part de l’intériorité d’un émetteur, qui l’émet après l’avoir encodé (par exemple sous forme de mots). Le message est potentiellement soumis à des interférences avant d’être décodé par un destinataire. Si l’émetteur, le récepteur et le message – voire les interférences – sont connus, la question de l’encodage/décodage l’est moins. Or, elle est essentielle car l’émetteur encode, le destinataire décode, et rien ne garantit que l’encodeur et le décodeur fonctionneront suivant les mêmes principes. En particulier, l’un et l’autre reposent sur des implicites partagés (indexicalités) qui ouvrent à l’ethnométhodologie. Lorsque ces implicites ne sont pas partagés, même un message transmis sans interférence ne pourra pas être compris. L’exemple le plus simple est celui d’une discussion avec une personne qui parle une langue qu’on ne connaît pas. Si les mains peuvent suffire pour des choses simples, dès que les sujets sont profonds, riches, ou abstraits, il devient impossible de se comprendre, de se rejoindre.

La clé de l’encodage/décodage réside dans l’interprétation de soi au monde (choix de l’encodage) et dans celle du monde en soi (choix de décodage). L’émetteur doit choisir un encodage approprié pour le destinataire, et le destinataire un décodage approprié étant donné l’émetteur. Nos bibliothèques individuelles d’encodeurs et de décodeurs sont définies par nos cultures et nos histoires de vies. Elles sont limitées. Toute relation est un monde nouveau qui s’ouvre chaque instant, et qui ne peut être investi qu’en inventant un encodage et un décodage inédit afin que les messages vivent, fluides.

Par conséquent, la compréhension ne tombe jamais en marche: pour part elle se reçoit, pour part elle se construit. En cas d’incompréhension, il est commode pour le destinataire d’accuser l’émetteur de ne pas avoir été adéquat, et réciproquement. Renoncer aux accusations, et à la place questionner l’encodage et le décodage pour les affiner itérativement est donc essentiel. Ne pas le faire, ce serait ne pas prendre en compte le bain culturel commun qui sous-tend la communication et qui n’est pas nécessairement aussi partagé que ce qu’on pourrait croire de prime abord. Questionner ce bain est essentiel. Pour cela, est nécessaire que le récepteur reformule ce qu’il a reçu avant d’internaliser le contenu du message. Sans cela, un message encodé puis décodé par des encodeurs/décodeurs différents risque de générer des difficultés considérables.

Le cas le plus fréquent et le plus tragique est celui de la blessure du destinataire suite au décalage entre un encodage et un décodage : le message reçu blesse alors que l’émetteur n’avait en lui aucune intériorité blessante et ne voulait pas blesser. Je crois que personne de sain ne veut blesser. Le message, hors cas pathologique, est toujours là pour apporter quelque chose de valeur. S’il se révèle blessant une fois décodé, il est essentiel pour le récepteur de ne pas intégrer la blessure sans questionner l’émetteur sur son intention. Sans quoi peut s’accumuler une dette invisible pour l’émetteur, avec le risque que le destinataire internalise autre chose que ce qui a été dit.

Pour prendre un exemple très caricatural, la phrase “La boite est ouverte” est ambiguë. Il peut s’agir d’une boite de thé ouverte sur une table par exemple, ou bien d’une entreprise dont on parle aux heures de bureau. L’encodage et le décodage de “boite” sont donc d’autant plus importants que le terme est polysémique. La polysémie propre au langage nous impose le plus grand soin. Si son sens n’est pas partagé, quelle qu’en soit la raison, l’incompréhension s’installe. Le destinataire pense A, émet un message encodé, qui est décodé par le récepteur qui le comprend comme étant B. Si B s’avère être blessant, le récepteur pourra attendre indéfiniment qu’un pardon soit demandé par l’émetteur pour avoir dit B. L’émetteur ayant dit A, il lui est impossible de demander pardon pour avoir pensé B puisqu’il ne l’a pas dit ni même pensé. Tout au plus peut-il demander pardon de ne pas avoir pu/su encoder le message suivant des modalités intuitives pour le destinataire. L’incompréhension est un lien brisé entre deux personnes qui nécessite pour être résorbée que chacune de ces personnes, individuellement, ne cesse de vouloir se comprendre mutuellement, et donc qu’elles soient attentives l’une et l’autre non seulement concernant les messages échangés, mais également à leurs encodeurs/décodeurs respectifs qu’il s’agit d’inventer. En effet, même dans la même langue et quelle que soit la maîtrise de cette dernière, l’autre est toujours une terre étrangère. Si la valeur accordée à la relation est telle que vouloir se comprendre persiste, alors l’incompréhension se dissipe.

Il est donc très important de toujours laisser à l’autre le bénéfice du doute et de ne jamais préempter l’interprétation de ce qu’il/elle a pensé ou dit. Pour reprendre les classiques de la communication non violente, préempter le sens de ce qu’a dit l’autre (“Tu as dit que…”), sans lui demander (“Qu’as-tu voulu dire?”) c’est ériger devant lui un référentiel invincible. C’est nier la singularité de l’encodeur/décodeur de son intime, c’est le condamner à ne plus pouvoir se dire, c’est le borner à un rôle strictement informationnel et au prix d’efforts immenses qu’il n’est pas nécessairement en mesure de fournir. C’est le chasser d’un monde commun qui pourrait advenir, c’est le dépecer de son épaisseur de sujet, c’est le faire desexister. C’est refuser de voir l’émetteur tel qu’il est, et le réduire à la perception qu’on en a plutôt que de s’ouvrir à sa singularité propre. Considérer ainsi son interlocuteur, c’est attester sa non-présence. Agir ainsi, c’est le confiner à l’inintelligible, à l’inaudible, et in fine à le détruire. La réciproque est tout aussi vraie : “Tu n’as pas compris que …” à la place de “Qu’as-tu compris?” détruit le destinataire du message.

C’est pourquoi, plus les circonstances sont difficiles, plus il est essentiel que, plutôt que d’ingérer un message mal encodé/décodé, le destinataire ne fuie pas. Qu’il ne s’isole pas, mais qu’il reformule ce qu’il a compris sous la forme d’un feedback immédiat auprès de l’émetteur, afin d’être bien certain du sens de “boite” (“J’ai l’impression que tu te moques de moi, est-ce vraiment ça que tu as voulu dire ?”). Un tel feedback impose au destinataire de pouvoir intercepter une perception négative du message qu’il décode avant que ce dernier ait des conséquences négatives. Il nécessite également le maintien du dialogue, de ne pas se refermer, et donc de continuer à vivre le climat de confiance qui ne soupçonne pas l’émetteur d’être malveillant. Il nécessite aussi que l’émetteur soit réellement bienveillant et qu’il ait sincèrement à cœur d’être compris. Il est surtout essentiel que le destinataire et l’émetteur puissent et veuillent faire ensemble l’effort d’enrichir leurs grilles de lecture avec ce que répondra l’émetteur qui enverra un nouveau message dont l’encodage sera mieux ajusté au décodeur du destinataire, message qui à son tour devra être encodé/décodé/questionné. Sans ces itérations, qui ne viennent pas sans heurts, sans un contexte de bienveillance radicale, sans une confiance que l’autre ne cherche pas à blesser, mais qu’il fait du mieux qu’il peut avec qui il est et qui est toujours insuffisant, alors les grilles de lectures ne se jointent pas, ne se rassemblent pas, ne s’enrichissent pas. Il est essentiel qu’elles se rejoignent, sauf à se résigner à ne vivre que désespérément seuls, solitaires, isolés, incapables de faire lien.

L’effort à faire pour dépasser l’incompréhension n’est pas optionnel, sauf à condamner ce qui n’existe pas encore et qui demande d’autant plus à éclore que les blessures les plus profondes sont infligées à portée de l’intime.

On ne parle jamais que de soi. Cet article se base sur un vécu personnel. Le lecteur attentif saura lire, entre ces lignes plutôt descriptives et analytiques, à quel point c’est bien de tout autre chose qu’une description et qu’une analyse qu’il s’agit.

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Création de la chaire d’anthropologie organisationnelle de la fondation aaa /2018/02/15/lancement-de-chaire-danthropologie-organisationnelle-de-fondation-aaa/ Thu, 15 Feb 2018 16:53:45 +0000 https://latitude77.org/?p=5110 Nous avons le plaisir de vous annoncer la création, au sein de la fondation aaa, d'une chaire de recherche en anthropologie organisationnelle confiée à Aurélien Grosdidier, fondateur de Latitude77. Aurélien co-leade également depuis 2015 une autre Chaire avec Muriel Favarger Ripert, consacrée aux Ecosystèmes et Communautés Online et Offline. Quel est le périmètre de recherche [...]

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Nous avons le plaisir de vous annoncer la création, au sein de la fondation aaa, d’une chaire de recherche en anthropologie organisationnelle confiée à Aurélien Grosdidier, fondateur de Latitude77.

Aurélien co-leade également depuis 2015 une autre Chaire avec Muriel Favarger Ripert, consacrée aux Ecosystèmes et Communautés Online et Offline.

Quel est le périmètre de recherche ?

La chaire de recherche en anthropologie organisationnelle ouvre un espace de compréhension des facteurs permettant de replacer l’humain au centre des organisations et rend possible un accompagnement efficace et concret vers leur implémentation opérationnelle.
Elle propose ainsi un pivot à forte valeur ajoutée par rapport au prisme managérial habituel.

Pourquoi cet angle d’attaque  ?

Le fonctionnement courant des organisations est sécrété par leurs membres passés et présents. Il s’agit d’en expliciter les implicites et de questionner les héritages qui brident l’adéquation aux nécessaires ambitions du présent.

Quel est l’objectif poursuivi ?

Sur la base de cette compréhension ethnographique, l’objectif principal de la chaire est d’améliorer l’efficience organisationnelle en favorisant les flow individuels et collectifs afin d’ajuster à neuf et au mieux les complémentarités cognitivocomportementales.

Comment l’atteindre ?

Il s’agit de mettre en place les conditions d’incitation et de confiance nécessaires à une transformation culturelle au sens anthropologique du terme, c’est-à-dire dans toutes les dimensions humaines.
Pour ce faire, il est nécessaire de dépasser la science de l’organisation qui ne capture qu’une partie de ce qui peut être révélé par la conjonction des multiples focales complémentaires des sciences humaines et sociales.

Il devient nécessaire de gagner en finesse en identifiant et en explicitant les hypothèses anthropologiques sous-jacentes pour accompagner leur réingénierie de manière fluide.
La chaire s’inscrit dans une démarche de recherche/prospective à la confluence de la philosophie (comme outil), de la technoscience (comme puissance), de l’anthropologie (comme légitimité ontologique et comme devenir situationnel), de la sociologie (comme manifestation collective de ces évolutions, des opportunités et des déchirures qu’elles entraînent) et des valeurs et croyances qui sous-tendent ces chemins comme autant de possibles puissances de transition.

Les modalités de ces catalyses éthique et cognitive, individuelle et collective, font l’objet d’une investigation, d’une théorisation, d’une modélisation à visée prédictive, et d’une transmission sous forme de publications. En parallèle, ces compétences au coeur de la chaire sont au service de vos besoins.

Une recherche opérationnelle et à votre service

L’accompagnement proposé par la chaire est particulièrement adapté dans les contextes d’expérimentation et de prototypage:

  • Des équipes transversales en charge de projets innovants qui sont fréquemment soumises au paradoxe de devoir fournir des résultats concrets et mesurables, au sujet d’une nouveauté par définition encore inconnue et qui échappe à une quantification. L’objectif est de faciliter la compatibilité de leurs rythmes propres avec celui de leurs environnements d’accueil, ainsi que la compréhension mutuelle des membres qui les composent.
  • Des domaines métier en tension, qu’ils soient producteurs technologiques ou scientifiques à forte valeur ajoutée, ou au contraire exposés à une disruption par des changements organisationnels (gig economy) ou métiers (intelligence artificielle, à distinguer de l’intelligence naturelle et de l’intelligence collective)

En pensant simultanément ces conjonctions individuelles, collectives et métiers, la chaire accueille le défi de leurs rencontres afin de penser nos individuations – par la technique comme force (Simondon, Stiegler) et par l’humanité comme faiblesse (Fleury) – comme une coévolution écosystémique qui s’inscrit dans la durée.

Liste non exhaustive des thèmes abordés

  • Réarticulation des intérêts individuel/collectif
  • Réticulation inter-dividuelle
  • Confiance / transparence
  • Implicite / explicite
  • Liberté / responsabilité
  • Règle / attention portée
  • Contribution / gestion et prévention du free riding
  • Compétition / collaboration
  • Inhibition et distinction entre peur, danger, risque et menace, et leurs miroirs positifs
  • Théorie girardienne du désir mimétique et de la violence
  • (dé)Construction de l’identité (existentialisme, Kierkegaard)
  • Ontologie et devenir, géométrie des affects, raison et passion, théorie politique (Spinoza)

etc.

Exemples de recherche/accompagnement actuellement en cours

Conception et implémentation d’une procédure semi-automatique de compensation des inégalités d’implication dans le contexte d’une implémentation de l’économie contributive couvrant à la fois les valeurs marchande et non-marchande, concernant des professionnels indépendants exposés à court terme à une double disruption organisationnelle et métier.

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Formation et éducation: distinction et synergie /2017/01/05/formation-et-education-distinction-et-synergie/ Thu, 05 Jan 2017 06:37:31 +0000 https://latitude77.org/?p=90 Une transmission n’est pas vierge d’objectifs, elle est intentionnelle et donc support en elle-même d’un regard orienté sur le monde, c’est-à-dire d’une idéologie façonnée par le temps écoulé et qui incarne le « pourquoi » comme déterminisme. La formation relève du « comment » (compétences) et du prolongement de ce déterminisme, et l’éducation du « [...]

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Une transmission n’est pas vierge d’objectifs, elle est intentionnelle et donc support en elle-même d’un regard orienté sur le monde, c’est-à-dire d’une idéologie façonnée par le temps écoulé et qui incarne le « pourquoi » comme déterminisme. La formation relève du « comment » (compétences) et du prolongement de ce déterminisme, et l’éducation du « pour quoi » (orientation et l’appropriation d’un but) et du dépassement du déterminisme.

La formation est la standardisation dans un espace normé des aptitudes et des compétences. Qu’il souhaite s’y conformer ou pas, la norme est initialement à l’extérieure à l’apprenant. Elle lui est « appliquée » par le formateur. L’apprenant ne saurait donc être actif: sa seule implication possible est au mieux désirer cette passivité.

La formation favorise donc l’apparition d’un espace indifférencié dans lequel les « formés » sont davantage semblables (normés) que complémentaires. Ils sont donc faits rivaux: leur singularité a été retirée, cette violence ontologique implique qu’ils la reconquièrent pour « se gagner soi-même » dans un rapport de violence à un autre indistingué de soi, orchestré sous la norme sociale de la mise en compétition.

Bien différente de la formation, l’éducation au sens de « mener hors de » est un affranchissement par le questionnement qui coûte l’abandon des croyances et des fausses certitudes, c’est une ouverture intrinsèquement subversive du sujet, simultanément vers sa propre singularité et vers l’altérité.

Lorsqu’il est confronté à quelque chose qui le heurte, à la formation, l’élève résiste par un mouvement latéral, une volonté d’échapper. À l’éducation l’élève résiste, par un mouvement vertical (vers le bas). Ce heurt est une expérience du réel que l’élève peut avoir la tendance de rejeter pour lui préférer ce qui était avant l’expérience. Ce faisant, il érige sa subjectivité comme norme. C’est un premier mouvement qui se doit d’être dépassé par une mise en dialogue au service d’une intelligibilité par appropriation. Sans ce second mouvement, la normativité est celle de l’égo, issue du renoncement. Avec ce second mouvement, la normativité devient dynamique et libératrice par contact intelligible avec le réel, issue d’un renoncement qui rend tangible l’altérité avant une mise en dialogue qui accepte, pour le dépasser, ce dernier.

La formation « a » et l’éducation « de » s’inscrivent dans un même mouvement. En identifiant un périmètre, un dedans et par conséquent un dehors, la formation scinde le sujet. Scindé par une norme qui le partitionne, le sujet fait l’expérience d’un espace arbitrairement défini et incomplet. Il lui devient possible de filer cette métaphore quant à lui-même: sa frontière personnelle supposée, c’est-à-dire son identité, pouvant désormais être considérée comme arbitraire et source de questionnement. La formation comme l’internalisation d’une contrainte extérieure peut donc être saisie par l’apprenant comme une occasion de s’extraire de lui-même et d’embrasser son devenir.

C’est la faim de ce dépassement qu’il s’agit de montrer, de montrer aux apprenants en quoi elle taraude. C’est une catalyse de conscientisation. Il ne s’agit pas de (con)former, mais de devenir sujet.

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